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Son Histoire

Son Histoire

Château Latour Ségur "Suites & Spa"

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Le patrimoine girondin de la zone de l’entre-Dordogne
est riche en vestiges précieux, témoignant du passé Historique de I’Aquitaine
en général et de la Guyenne en particulier.

La Commune de LUSSAC conserve sur son territoire un joyau que nous ne pouvons ignorer, d’autant qu’il vient d’être classé aux “monuments historiques”...

Sur ce lieu, aussi dénommé “Château de LA TOUR DE SÉGUR”, voici quelques références avérées, tirées notamment des ouvrages de J.A. Garde, de Raymond Guinodie, de minutes notariales et autres archives à notre connaissance.

Au XII° siècle, le château appartenait aux De SEGUR, illustre famille de Guyenne...

ll est situé au Nord de LUSSAC, a environ 2 km du chef-lieu, direction St-Médard-de-Guizières, sur la gauche après le château “Terrien”.

A l’origine, il s’agissait d’un puissant donjon carré, entouré de fossés de cinq mètres de profondeur, comprenant un rez-de-chaussée sur cave voutée et deux étages fortifiés couronnés de mâchicoulis.

Les autres constructions datent du XVII° siècle.

L’histoire des lieux est liée à celle de la célèbre “Abbaye de Faise”, située, tout près, dont les restes sont actuellement la propriété de la famille de Maurice Druon, regretté secrétaire perpétuel de l’Académie Française ... L’Abbaye cistercienne me de Faise avait été fondée en 1137 par le Seigneur Pierre II Vicomte, Abbé de Castillon, qui fit don du vallon de la forêt de ce nom à Pierre de Gérard, Abbé de Cadouin, de l’Ordre de Cîteaux, pour y bâtir un couvent bernardin.

Les premiers moines diligentèrent la construction d’une importante Abbaye, ainsi que l’assainissement des abords et le défrichage des bois environnants, développant la culture de la vigne, déjà implantée en Saint-Emillionnais avant l’époque gallo-romaine. lls consacraient leur vie à la prière, aux offices, au travail temporel, comme aussi à l’assistance des malades et à l’accueil des Jacquets et autres pèlerins du moyen-âge.

Le premier Abbé fut Raymond de Cadouin, et après lui vingt-sept Abbés réguliers se succédèrent à la tête de l’Abbaye jusqu’en 1465, époque a laquelle l’administration temporelle du couvent fut donnée “en commende “ (du latin commendare = confier) à des laïcs de haute lignée ou à des ecclésiastiques séculiers.

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Le premier
Abbé commenditaire

Guillaume V
du Verger

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En 1152, Aliénor d’Aquitaine, ayant épousé Henri Plantagenet,
l’Aquitaine devint anglaise durant trois siècles,
et la région connût une ère de prospérité profitant au Couvent,
avant les saccages de la guerre de cent ans.

Au XII° siècle, un sieur de Ségur fit don à l’Abbaye de Faise du château de La Tour, à titre de rachat expiatoire d’un homicide commis par lui en chassant dans la forêt voisine. Les Abbés commenditaires en firent plus tard leur lieu de résidence particulière. Ces nobles Abbés, nommés par le roi et confirmés par le pape, ne menaient pas la vie monastique cloitrée, et n’étaient soumis ni à la règle ni aux voeux religieux.

Leur titre épiscopal était honorifique et lucratif, avec des droits et prérogatives sur les revenus du monastère. lls jouissaient d’un tiers des ressources de l’Abbaye, le surplus étant réparti à raison de un tiers pour la communauté, et le dernier tiers à l’entretien des bâtiments et aux oeuvres de charité ou aumônes.

L’Abbaye de Faise
conforta ses fiefs.

Sous l’influence bienfaisante des Abbés commenditaires, le château de La Tour fut agrandi et connut un train de vie faste. Déjà au XVII° siècle, les constructions comportaient, outre Ia Tour, des logis spacieux et somptueux, une façade avec perron, escalier monumental, balustrade de pierre, une chapelle, des bâtiments d’exploitation et dépendances diverses, un portail monumental, cour, pergola, et jardin.

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Parmi les références historiques retrouvées,
concernant la vie au château de La Tour aux XVII° et XVIII° siècle,
on peut relater notamment ce qui suit :

1606

le très éminent et estimé Cardinal François de Sourdis,
archevêque de Bordeaux, vint aux château « La Tour » lors d’ une tournée de visite pastorale.

Depuis 1611

I ‘Abbé commenditaire, possédait tous les droits seigneuriaux de justice haute,
moyenne, et basse (justice civile et criminelle) dite “ordinaire”. Les jugements en Cour d’Appel
étaient rendus à Castelmoron d’Albret, puis à la Cour du Parlement de Bordeaux.
La Salle où l’on rendait la justice et les sentences,
appelée “Parquet”, se trouvait au château “La Tour”, ainsi que “la Prison”.

1611

I ‘Abbé Raymond de Martin, baron de Lussac,
négocia avec le Seigneur de Calvimon, du château des Tours de Montagne,
un échange par lequel il étendait les prérogatives des Abbés commenditaires,
ainsi que les tènements, rentes foncières, droits de chasse... et l’exercice de la “haute justice”.

1620

Allain Favereau de Terrien gérait les affaires de l’Abbaye, sur la baronnie de Lussac
et les environs (Saint-Médard, Camps, Le Palais, Cornemps, Arveyres ...)

1649

au Château “La Tour”, l‘Abbé Raymond de Martin, conseiller aumônier
du Roi, Seigneur Abbé commenditaire de Faise, Prieur de Soursac, Baron de Lussac,
loue par Bail de fermage à Jehan Rambaud - Notaire royal à Mussidan -
tout ce qui lui appartient a Soursac en Périgord.
Une rivalité existait entre l’Abbé et le Prieur de l’Abbaye,
Dom Antoine Lhoste, en conflit avec l’Ordre de Cîteaux.

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Les quatre derniers Abbés

ayant résidé au château “La Tour”,
sont restés dans la mémoire
et qualifiés d’éminents personnages

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Joseph
de Secondât de Montesquieu

1646 - 1726

Oncle du philosophe de “L’esprit des Lois” et des “Lettres persanes”...
fut Abbé commenditaire de Faise, de 1666 a 1725.

Il est reconnu que son administration fut libérale, bienfaisante et généreuse. Une transaction, signée en 1673, fut passée entre l’Abbé et les Religieux, portant sur la répartition des revenus de l’Abbaye. Des travaux importants furent réalisés sous ses directives et durant son long exercice. Il fit des dons et libéralités aux pauvres de Lussac, et il instaura un système bancaire de crédit agricole et artisanal inspiré des Templiers.

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Charles Louis Joseph
de Secondât de Montesquieu

1694 - 1754

ll était aussi doyen de Saint-Seurin de Bordeaux.

L’illustre Charles de Secondat de Montesquieu, Baron de “La Brède”, venait régulièrement à Lussac (notamment en Novembre 1726), pour visiter son frère au château “La Tour” où il était reçu en grand apparat .

Celui-ci a écrit avec ironie : “Je dirais que si un Persan ou un Indien venait à Paris, il faudrait six mois pour lui faire comprendre ce qu’est un abbé commenditaire...”

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L’ Abbé François Joseph
Le Comte de La Tresne

doyen de Bordeaux, succéda Montesquieu de
1754 à 1764

Il imposa une gestion plus rigoureuse que ses deux prédécesseurs. Il préconisa des méthodes culturales en avance sur son époque. Ses nombreuses lettres au sieur Chaumette, son homme de confiance, détaillent les consignes et recommandations très avisées qu’il prodiguait en tous domaines. Il fit un inventaire détaillé et précieux des pièces et agencements du manoir de La Tour. Soucieux de l’intérêt public, il fit même réparer les routes de Lussac.

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Messire Godefroy
de Guyonnet de Monbalen

1765 - 1790

Le 42° et dernier Abbé, ayant résidé au château La Tour, de 1765 à 1790, est Messire Godefroy de Guyonnet de Monbalen, issu d’une noble famille originaire de Saintonge, vicaire général de Bordeaux, chanoine de St-Seurin, abbé de Calers en Languedoc.

La Commune de Lussac s’honore d’arborer ses armoiries et son blason (armes d’or à 3 perdrix... ... son ex-libris comporte la couronne de marquis, la crosse, la mitre, et 2 lions assis...)

Homme de coeur, il fut généreux envers les habitants de Lussac.
Il fit fondation de trois soeurs de charité à Lussac.

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Le Prince de Rohan
Archevêque de Bordeaux

1773

Le Prince de Rohan - Archevêque de Bordeaux - séjourna au château La Tour du 18 au 23 Juillet 1773, avec ses carrosses et son aréopage de prélats et vicaires généraux, précédés d’un détachement de dragons du régiment Dauphin de la garnison de Libourne...

Lors de la funeste période de la Révolution franglaise, les bâtiments et possessions de l’Abbaye se trouvèrent saisis comme “Bien National”. Les moines furent chassés et disparurent... Certains auraient été signalés ultérieurement, comme exerçant des activités d’offices, de charité, ou de soins auprès des hôpitaux et des blessés des guerres napoléoniennes ...

Le Couvent fut vendu aux enchères publiques le 14 Mai 1791, et adjugé Texier-Fayard et Jacinthe Chaperon de Libourne, pour 76.000 livres.

Le château “La Tour” avec son domaine fut adjugé le 21 Mai 1791 au Sieur Deyméne pour 105.000 livres ...

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Aujourd’hui,

rendons l’hommage qu’ils méritent aux propriétaires actuels,

Madame Corinne DRAY et Monsieur André NIZET

pour les mesures entreprises dans les règles de l’art, pour la conservation et la restauration de ce patrimoine privé, comme aussi de sa mise en valeur touristique dans une Commune du grand Saint-Emilionnais et son inscription au titre des monuments historiques le 6 février 2016.

Louis Charrié
Association Historique de Puynormand